LE COMMUNAL VAL-D’ILLIEZ
EN
Single track d’automne face aux Dents du Midi
Le journal·Automne·4 min de lecture

La belle
arrière-saison

Les mélèzes tournent au roux, les cols se vident — la saison des connaîsseurs commence quand les autres rangent leurs affaires.

Il faut défendre l’automne. C’est la saison que les habitués réservent d’une année sur l’autre et dont personne ne parle : les mélèzes qui virent au roux, l’air qui redevient net, les sentiers rendus à ceux qui restent. La lumière d’octobre fait paraître le massif plus proche — on marche des heures sans croiser autre chose que des chamois.

Les journées sont plus courtes et on les prend autrement : départ après le deuxième café, sommet à midi, redescente dans les couleurs. Les crêtes qui grouillaient en août sont désertes, les buvettes fermées rendent les pique-niques obligatoires, et c’est très bien ainsi.

En bas, le Valais fait ses vendanges. Les coteaux de la plaine du Rhône sont à une demi-heure, l’occasion d’aller voir d’où viennent l’amigne et la petite arvine du Caveau, verre en main, chez les vignerons qui fournissent notre brasserie.

Les hauts de la vallée, sous les Dents du Midi
« Quand les sentiers se font plus calmes, la vallée appartient à ceux qui prennent leur temps. »

À la brasserie, la carte suit la saison de près : gibier de la région, brisolée les week-ends de châtaignes, premiers plats qui mijotent. Les soirées s’allongent au bar, et la maison retrouve son rythme d’hiver sans en avoir encore le monde.

C’est aussi la saison des idées : venir écrire, venir travailler quelques jours au calme, privatiser la maison pour une équipe. L’arrière-saison a ce luxe-là — de la place, du temps, et une montagne pour soi.

La vallée en automne, depuis la place
La maison — Val-d’Illiez · Cahier IV